Sabina et Jérôme tenant une assiette rempli de terre

Un pas, un geste, un signe

La Terre en Marche est le nom de l'association que nous avons créée en France en novembre 2013. C’est aussi tout le sens de l’action que nous avons décidé d'accomplir. Cette action est l'aboutissement d'un cheminement mené en couple depuis plus de dix ans, à travers des choix de vie qui ont toujours eu pour dénominateur commun : le goût ardent pour la famille humaine, dans sa complexité, dans sa diversité, la soif du vaste monde, de ses beautés, de ses blessures, une quête intense du sens, de notre présence, de notre existence.
Mais la création d'une association signifie que quelque chose de plus, ou de différent, demande alors à s'exprimer.

C'est que La Terre en Marche est née à la fois d’un besoin et d'un espoir.

D'un besoin face à un sentiment de mal-être grandissant: en France, en Europe, comme en de nombreux points du globe, le dialogue entre les hommes se défait. Les enjeux liés à l'identité, aux relations interculturelles, les questions cruciales posées par les phénomènes migratoires divisent les sociétés. L’avidité du gain oeuvre toujours plus à fragiliser la concorde, l’entraide, la cohésion. Au nom de cette avidité marchande, la Terre est pillée, massacrée sans trêve ni regrets.
Une "barrière du cœur"a commencé à se dresser en nous-mêmes. Et nous pressentions le risque de voir cette barrière devenir bientôt un mur.

Notre conscience a dit non. Non à cet état de fait. Et alors le besoin d’aller saluer d’autres hommes, à pied, tels deux pèlerins, s'est imposé. Nous devions nous prouver qu’il est possible, en faisant l’effort de dépasser ses conflits intimes, ses prises de position partisanes, d’aller vers l’autre, en tout cœur tout honneur; de poser la main sur son épaule et de sentir que nous partageons la même humanité.
C'est là que notre recherche de sens et d'idéaux communs trouve son vrai point de convergence.
Et c’est là que l’espoir est né.

Nous avons pris le trésor commun à l’humanité : emporté la terre des cinq continents dans notre sac à dos pour la partager. En signe d'unité, en signe de respect. Un geste humble, fraternel, profond, puissant.
Le temps était venu de dépasser le stade de la peur, de la colère et de la critique stériles. Le temps était venu de marcher pour tenter de resserrer les liens.

Peut-il découler de cette action un peu plus d’apaisement, de confiance, de saine curiosité, de bienveillance entre hommes, entre hommes et Terre ? Nous osons en formuler le vœu.

Mais laissons maintenant la parole à la Terre.
« N’oubliez pas, nous dit-elle : Je suis celle qui vous nourrit ; celle aussi qui vous porte ; et celle à laquelle, tous, un jour vous revenez. Je suis Mère Nourricière Élémentaire. Tous vous me possédez, tous vous me partagez, je suis votre bien commun, à la fois matière et spiritualité. »

Bon voyage.

En marche de
Venise à Kashgar

Depuis ses origines lointaines, La Via Egnatia (qui relie Durrës, en Albanie, à Istanbul) et La Route de la Soie (entre Istanbul et Xian, en Chine) ont toujours constitué, outre leurs caractères marchand et militaire, des axes de diffusion des savoirs et d’échanges culturels entre les différents peuples et civilisations des continents européen et asiatique. C'est précisément cet aspect-là…

Avec la terre
en partage

Nous partons en emportant avec nous, dans deux bourses en cuir, de la terre provenant des cinq continents de la planète. Trésor de l'humanité, trésor commun à tous que nous partageons dans chacun des pays traversés en signe d'unité entre les hommes et de respect entre cultures. Concrètement, notre action consiste à organiser des cérémonies de partage partout où l'occasion…

Et des écoles
qui voyagent

Notre action s’effectue principalement au sein d’établissements scolaires parce que nous pensons que c’est là où se bâtit l’éducation des nouvelles générations que la simplicité et la force de notre message doivent être le mieux entendues. Notre marche doit être l’occasion pour les jeunes de poser un regard plus confiant sur le monde qui les entoure. L'objectif est de créer un…

Nous marchons à votre rencontre

Démarche essentielle, voire fondatrice, de notre action : nous rappelons l’importance de l’échange en dehors de toute considération de profit ou de rentabilité. Notre état d’esprit est celui de deux pèlerins en quête de sens : sens du dialogue, aussi désintéressé qu’il est nécessaire, sens de la rencontre, aussi éphémère que profonde, sens du lien, dans le rapport de cultures différentes, sens du geste, aussi simple que bienveillant, sens de l’hôte, dans le devoir du respect mutuel.
Aller, partir, marcher à la rencontre de l’Autre, autrement dit de soi : n’attendons pas de réponses définitives, mais la découverte d’un chemin qui nous grandisse.