Sabina et Jérôme souriant

Jérôme Bergami

Ecrivain, président de l'association La Terre en Marche

Je suis né le 4 juillet 1974 à Saint-Maur-des-Fossés, en banlieue parisienne. Mon baccalauréat en poche, j’entreprends des études de Lettres Modernes et pars vivre en Bretagne où sont mes racines maternelles. Je suis alors à la recherche de mon identité. La Bretagne va être pour moi terre de redécouverte, terre de reconquête, à travers ses poètes, sa musique, sa langue. Chair Terre et Triade sont les deux recueils de poèmes qui marqueront cette période intense. Parallèlement à un nouveau cursus universitaire en langue bretonne, je me lance dans la rédaction d’un premier roman intitulé Ci-gît l’Innocence. Ce n'est qu'une fois ce roman achevé que je reconnais le sentiment d’avoir pleinement apaisé mes retrouvailles d’avec mes racines. Je peux désormais m’éloigner de cette terre qui m’a beaucoup apporté.

L’Europe de l’Est m’attire depuis plusieurs années – ses peuples, son histoire, son évolution. Nous ignorons tant de ce monde voisin dont nous avons été coupé si longtemps. Cette attraction va me conduire à parcourir la Roumanie, d'abord sur les traces du philosophe Emil Cioran, puis la Bulgarie et les pays de l’ex-Yougoslavie. De cet itinéraire naîtra un deuxième ouvrage – J’aimerais tant rebrousser chemin.

C’est ensuite un engagement au sein d’une ONG qui réoriente mon chemin. Je pars enseigner le français à Alexandrie. Cette expérience aboutira à la publication de L’Imposteur d’Alexandrie, livre d'exploration de la société égyptienne.
A l'hiver 2006, je me rends au Kosovo et en Albanie afin d'écrire un livre inspiré par l'un des personnages de roman d'Ismaïl Kadaré. Ce sera Traces.
Entre 2007 et 2012, j’accumule nombre d’écrits – fictions, poésie, théâtre et récits de voyage (en Asie, depuis la Russie jusqu’à l’Inde ; en Guyane, sur les traces des indiens wayanas).
Pour gagner ma vie, je multiplie les emplois, mais toujours avec le souci d'investir des univers différents, ceci dans l'idée de nourrir mon écriture et ma compréhension de la société française. Je deviens donc tout à tour: laveur de carreaux, saisonnier, pigiste, chroniqueur radio en langue bretonne, enseignant, vendeur de jouets, caissier dans un sex-shop, agent mortuaire, aide-soignant.
En novembre 2013, à Toulouse, je fonde avec Sabina l'association La Terre en Marche.

Sabina Bergami

Née à Topliţa ville entourée de montagnes en Roumanie, je grandis près de la nature et de ses bienfaits. Ma mère institutrice et mon père agent des transports dans les chemins de fer m’ouvrent au voyage très jeune. Je leur dois le goût de la découverte et de l’apprentissage, deux qualités qui ont pris racine dans mon enfance.

Curieuse et sociable, je vais facilement à la rencontre des autres, questionne, m’intéresse, trouvant à chaque histoire de vie une réelle richesse. Car tout le monde a quelque chose à dire, à partager, à nous apprendre, du berger des pics enneigés à l’homme d’affaires tiré à quatre épingles.

C’est pourquoi La Terre en Marche est une aventure humaine extraordinaire par son ouverture aux autres, par les contacts qu’elle occasionnera. Marcher pour dire la paix et la fraternité, dans le partage de la Terre, auprès d’enfants, je trouve cette initiative tout simplement belle et vraie.

Personnellement, cette marche sera aussi une façon de cheminer vers moi-même. Cette soif du sens qui me travaille depuis toujours pourrait être abreuvée enfin. Il est important d’avoir la volonté de se donner le temps et le courage de s’affronter. Le voyage en marchant, parce qu’il oblige à la lenteur et que celle-ci amène à plus de lucidité, est une merveilleuse manière de découvrir : l’autre et soi-même.

Aujourd’hui j’exerce le métier d’aide-soignante, un métier profondément humain où l’oubli de soi et l’écoute sont essentiels. Si je me suis dirigée vers ce domaine c’est que l’aide, le partage, l’empathie, l’humanitude sont des valeurs que je chéris et que je souhaite transmettre tout au long de notre marche.

qui sommes-nous

Formation
2010 – 2011 Diplôme d’État d’aide-soignant à l’IFSI de la Robertsau, Strasbourg
2002 – 2003 Licence de Breton et Civilisation celtique, Université Haute-Bretagne, Rennes
1997 – 1998 Maîtrise de Lettres Modernes, Université Victor Segalen, Brest

Expérience professionnelle
2013 - 2014 Création de l’Association La Terre en Marche, Président
Aide-soignant Brest, Toulouse en Agence d’intérim
2012 – 2013 Préparateur de commandes, Usine Bosch, Saint-Thégonnec.
2011- 2012 Aide-soignant en Service de Stérilisation aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS)
Agent mortuaire au Service Funéraire des HUS, Strasbourg
2007 – 2008 Vendeur-animateur au Club 88, sex-shop, Paris.
2007 Vendeur–magasinier, Magasin de jouets Pintel, Paris
2005 – 2006 Professeur de français au Collège Saint-Marc d’Alexandrie, Egypte
2000 - 2003 Chroniques littéraires pour la radio Arvorig FM, les journaux Breizh Info et Le progrès de Cornouaille
1996 – 2000 Surveillant Collège «4 Moulins » Brest, Collège et Lycée Professionnel Construction de Bateaux de Plouinec, Collège Les Hautes Ourmes, Rennes

Langues
Anglais, breton, roumain,
Notions d’allemand, de turc, de farsi, de russe, de géorgien, d’italien

Travaux littéraires et journalistiques
2016 Publication de Trois fois feu – Récit de voyage en Asie ( Collection Récit de voyage La Terre en Marche)
2015 Création de la Collection « Récit de Voyage » au profit de l’Association La Terre en Marche. Publication de trois ouvrages :J’aimerais tant rebrousser chemin, Traces, L’Appétit des mangroves.
2012 Auto-édition du roman Ci-gît l’Innocence.
2009 Publication du roman L’imposteur d’Alexandrie aux Éditions Michèle, Paris.
2007 Publication du roman J’aimerais tant rebrousser chemin aux Éditions Bibliophane, Paris (1ère édition)
2002 –2003 Chroniques littéraires en langue bretonne sur les ondes d’Arvorig FM
2001 –2002 Création du fanzine Camisole
1997 Récitals dans le Finistère au sein du groupe Quimper est Poésie.
Autoédition du recueil de poésie Triade.
1997–2002 Chroniques culturelles apour les hebdomadaires Le Progrès de Cornouaille et Breizh Info.
1996 Autoédition du recueil de poésie Chair terre.
1995 –2000 Publication de poèmes dans les revues Quimper est poésie, Spered gouezh, La Barbacane.

Voyages et littérature
2014 – 2016 Marche de deux ans le long de la Via Egnatia et de la Route de la Soie - de Venise jusqu’à Kashgar (en cours).
2012 Guyane française : sur les traces des amérindiens Wayanas. Récit de voyage L’Appétit des mangroves.
2008 -2009 Voyage à travers l’Asie : Russie, Mongolie, Chine, Laos, Thaïlande, Inde, Bangladesh, Philippines) – Récit Trois Fois Feu.
2006 Voyage en Albanie-Kosovo. Récit de voyage Traces.
2005 – 2006 Égypte. Professeur de français à Alexandrie dans le cadre d’une mission humanitaire au sein de la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération) - rédaction de L’imposteur d’Alexandrie.
2003 Voyage en Roumanie, Bulgarie, Bosnie-Herzégovine. Récit de voyage J’aimerais tant rebrousser chemin.
2001 Voyage en Arménie (Vingt poèmes en auto-stop, recueil non paru)

Expérience professionnelle

Association La Terre en Marche - secrétaire/trésorier (2013)
Aide-Soignante CHU et EHPAD, Toulouse (2013)
EHPAD St. Vincent Lannouchen, Landivisiau (2012)
Hôpital de Hautepierre Strasbourg (2011-2012)
Traduction/Assistanat Autoentrepreneur traduction Belmont, Alsace (2009-2010)
Traductions BASIC 2000, Cergy (2008)
Assistante de direction TAAA, R. TAILLIBERT, Paris (2007)
Traduction/Assistanat Secretaire-Traductrice Collège Juridique Franco-Roumain d’Études Européennes de Bucarest et Bibliothèque Française de Droit (2004-2005)
Traductrice Freelance, Toplita, Roumanie (2004-2007)
Assistante de Direction, AC-TE, créateur de didacticiels Brasov, Roumanie (2001)
Professeur Lycée OCT, Toplita, Roumanie (2003-2004)
anglais/français Ecole n°8 Miron Cristea, Toplita, Roumanie (1997-1998)

Formation

Aide-soignante DEAS, IFAS du GHCA de Colmar (2010-2011)
Traductrice Licence/Certificat de Méthodologie de la Traduction français/roumain ESIT, Paris 3 Sorbonne Nouvelle (2007-2008)
Enseignant Module de psychopédagogie Université Transylvanie de Brasov, Roumanie (2003)
Traductrice Maîtrise de Langues Etrangères Appliquées, TRADUCTION Français/Anglais/Roumain, Université Transylvanie de Brasov, Roumanie (1998-2002)

Langues

Parlé, Ecrit : Roumain, Français, Anglais
Ecrit : Espagnol, Italien
Notions Allemand, Hongrois, Turc, Farsi, Russe, géorgien

Voyages

Albanie, Allemagne, Arménie, Bangladesh, Chine, Egypte, Géorgie, Grèce, Guyane Française, Hongrie, Inde, Iran, Italie, Kirghizistan, Laos, Mongolie, Ouzbékistan, Russie, Thaïlande, Turkménistan, Turquie

Expériences diverses

Hôtesse d’Accueil Fédération de Gymnastique Suédoise, Strasbourg (2010-2012)


- Mais où est-ce que se croisèrent leurs chemins ?
- Là-bas, quelque part dans les Carpates. Lui était parti sur les traces d’un écrivain roumain, elle enseignait le français et l’anglais dans sa ville entourée de montagnes.
- Tout de suite ils s'aimèrent?
- Non. D’abord ils se reconnurent – la même rêverie dans les yeux, la même sauvage liberté dans leur cœur battant. Et par la suite, ce furent, entre Brest et Bucarest, de nombreuses allées et venues. A cette étape de leur idylle la distance les rapprochait, disaient-ils. Ils s’écrivaient beaucoup. Mais alors, l’année suivante, il lui annonça qu'il partait pour l’Egypte – Alexandrie. Au sein d’une ONG, il s’engageait comme enseignant.
- Que fit-elle?
- Que voulez-vous qu’elle fît? Elle le rejoignit, mais seulement le temps d’un noël.
- D’un noël seulement?
- Oui. Car ils sentaient maintenant qu’inéluctablement, avec le temps, la distance finirait par les éloigner. Décision fut prise: plier bagage, s’envoler, destination Roumanie, où ils s’installèrent dans la maison de la grand-mère. Là, il écrivit et elle le traduisit.
- Et dans la foulée, ils se marièrent.
- Oh, non ! Pas si simple, pas si vite. Avant il y eut leur retour en France, en Bretagne, pas facile : leurs pérégrinations les avaient fatigués, ils ne savaient plus où ils allaient, ils doutaient d’eux-mêmes et de leur avenir en commun. La rupture les frappa en plein cœur. Elle retourna seule dans son pays.
- Horreur ! Ce fut la fin?
- Mais non, voyons, attendez un peu. Il y avait trop d’amour entre eux. Que se délie leur destin, impossible : il lui demanda sa main!
- Tandis qu’ils étaient séparés?
- Exactement.
- Et que fit-elle?
- Que voulez-vous qu’elle fît? Elle accepta de lui revenir. C’est ainsi qu’ils se fixèrent rendez-vous un jour de janvier, dans une jolie ville de Bretagne, pour célébrer leur union.
- Et ils eurent beaucoup d’enfants.
- Pas tout à fait. De retour en France, et mariés, il leur fallait agir, se trouver à la fois une motivation personnelle et une direction commune. «Allons à Paris, dit-elle, je finirai mes études de traduction.» Alors sac au dos, ils conquirent Paris.
- Mais un temps seulement, n’est-ce pas? Je commence à comprendre.


Il lui avait dit : « Paris d’accord, mais après, en route pour l’Ailleurs, pour l’Inconnu ! » Après dix-huit mois où ils vécurent dans une chambre d'hôtel du 18è arrondissement, ils se lancèrent dans des milliers de kilomètres, par voie de terre : Russie, Mongolie, Chine, Inde, Bangladesh. Une soif immense de rencontres et d’horizons nouveaux. Un an de périple à couper le souffle.
- Votre couple me donne le tournis. J’ai peur de ne plus suivre.
- Un peu de patience encore, on y arrive. Je résume leur retour: l’Alsace, d’abord dans un village de montagne, puis à Strasbourg. Là, une formation d’aide-soignant suivie d’un poste aux hôpitaux.
- Ah, enfin, les voilà casés…
- Pensez donc!
- Ne me dites pas que ça recommence!
- Lui rêvait de voir la jungle, une fois dans sa vie: voir la jungle.
- Il y a la télé pour ça.
- Il lui proposa d’aller chercher du travail en Guyane, le long des fleuves, dans les dispensaires.
- Dites-moi, c’est un grand malade, votre bonhomme. Et d’elle, plus rien ne m’étonne. Je suis sûr de ce qu’elle fit. Et vous allez me dire qu’ils vivent désormais nichés et roucoulants parmi la canopée ?
- Non, car elle vécut mal son éloignement de la France, douloureusement cette perte radicale de repères. Mais lui ne voulait pas abandonner la partie si rapidement. Leur couple rentrait de nouveau dans la tempête. A bout de nerfs, elle lui mit les cartes entre les mains : « C’est soit la Guyane, soit ta femme. A toi de choisir. »
- Et il choisit…
- De repartir, évidemment.
- Evidemment. Et c’est fini.
- Presque : descendus de l’avion à Paris, la Guyane restait bloquée comme un sanglot dans leur gorge. Il leur fallait pleurer. Cela leur prit un mois, à pied, de Paris jusqu’à Brest. Un long chagrin qui devint au fil de la marche une longue méditation. Une méditation sur le sens du voyage, le sens de la relation humaine. C’est à ce moment que naquit en eux le désir d’entreprendre une bien plus grande marche: partir à la rencontre des hommes le long de la Route de la Soie.


Ils s'installent alors dans la Ville Rose, où leur projet se concrétise. Ils créent là leur association et lui donnent pour nom : « La Terre en Marche ». Tous deux travaillent en tant qu’aide-soignant afin de boucler leur budget.
- Ils ne s'arrêteront jamais, dites?
- Ils n'en prennent pas le chemin! Leur idée est de parcourir près de 7000 km à pied depuis la ville de Venise jusqu'aux portes du désert du Taklamakan, en Chine. De créer sur la route un réseau d'échanges et d'amitié avec toutes les établissement scolaires dans lesquels ils organiseront des cérémonies de partage de la Terre.
- Ils ont du coeur à l'ouvrage...
- Un appétit farouche de vivre leur présence sur cette planète.
- Ils me donnent faim à moi aussi!

Eh bien, en route! N'attendons plus, suivons-les dans cette magnifique aventure!
Que vive La Terre en Marche!

Le logos de l'Association La Terre en marche représentant la terre entoure d'un cercle de traces du pied humain

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